Recherche

Faire un don Parrainages Menu

#whatthelunch

Les normes régissant les achats publics doivent tenir compte du bien-être animal

Nos habitudes alimentaires ont un impact considérable sur la vie des animaux d’exploitation. Chaque année, l’élevage traditionnel fournit plus de 56 milliards d’animaux à nos assiettes à travers le monde. Nous pouvons néanmoins réduire les souffrances endurées par les animaux d’exploitation en prenant des décisions informées sur les produits que nous achetons et consommons. Cela vaut également pour le gouvernement fédéral, les cantons et les communes. En effet, les institutions publiques servent de nombreux repas au quotidien (dans les crèches, les écoles, les universités, les hôpitaux et les maisons de retraite) tandis que les denrées alimentaires achetées par l’État ont atteint une valeur de 21,84 millions de francs suisses en 2016. La stratégie d’approvisionnement public confère aux institutions suisses une responsabilité de taille vis-à-vis des citoyens, des animaux et de l’environnement. Mais l’état se montre-t-il à la hauteur de la responsabilité qui lui incombe ?

Les procédures d’approvisionnement public ne comptent aucun critère en matière de bien animal

La Stratégie pour le développement durable 2016-2019 de la Suisse souligne l’importance d’un approvisionnement responsable. Cependant, aucune norme n’oblige les institutions suisses à acheter des denrées alimentaires produites dans le respect du bien-être animal. En effet, le gouvernement fédéral, les cantons et les communes s’efforcent généralement d’acheter des produits locaux et de saison. Leurs intentions sont sans aucun doute louables, mais aucune obligation juridique contraignante ne limite leurs achats aux produits respectueux du bien-être des animaux : même les lignes directrices les plus volontaires excluent tout critère en la matière. D’autre part, il nous faut des exigences claires et de la transparence : dans la grande majorité des cas, le public n’a accès ni aux informations et chiffres relatifs aux processus d’approvisionnement ni aux critères appliqués dans le cadre des appels d’offre.      

LES revendications De quatre pattes

  • L'État doit autoriser et favoriser le respect du comportement naturel des animaux d’exploitation.
  • Les souffrances des animaux doivent être évitées.
  • Les élevages doivent tenir compte du bien-être des animaux en leur consacrant davantage d’espace, ainsi qu’en leur permettant d’évoluer en extérieur et d’être exposé à la lumière du jour. 
  • Le bien-être animal doit primer sur l’optimisation des profits tandis que l’élevage de races à hautes performances doit être abandonné.
  • L'État doit mettre en place une règlementation stricte en matière de transport et d’abattage pour garantir que les animaux soient traités de façon éthique jusqu’à leur mort. 
  • La réduction des achats de produits d’origine animale.
  • La mise en place de critères contraignants destinés aux appels d’offre publics afin que les institutions puissent uniquement acheter des produits d’origine animale répondant à des normes rigoureuses en matière de bien-être animal.

Impact sur l'environnement

La production d’aliments d’origine animale a de lourdes répercussions sur l’environnement et le climat. Aucune autre denrée alimentaire ne fait appel à une quantité comparable de ressources au cours du processus de production. Pour grandir, pondre des œufs ou produire du lait, les animaux consomment beaucoup d’énergie et de fourrage d’origine végétale : la quantité d’énergie végétale consommée est inférieure à l’énergie animale générée. La production d’un kilogramme de bœuf nécessite jusqu’à 40 kg de fourrage et 15 500 litres d’eau. Par conséquent, les exploitations utilisent toujours plus de terres, d’engrais et de pesticides. D’autre part, l’élevage relâche la même quantité d’émissions de gaz à effet de serre que l’ensemble du secteur du transport à l’échelle mondiale.

LE GOUVERNEMENT EST RESPONSABLE

Les institutions publiques sont à même d’utiliser les ressources publiques pour s’orienter en priorité vers des méthodes de production favorisant directement le bien-être animal et la réduction de l’impact sur l’environnement.

QUATRE PATTES présente une analyse de l’approvisionnement public dans quatre pays différents dans le rapport suivant :  « Les achats publics de produits d’origine animale : rapport sur l’absence de normes en faveur du bien-être animal dans le cadre des appels d’offres ».