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Des chats en cage

Un « Little Tiger » au menu des restaurants au Vietnam 

12.8.2020

Selon un nouveau rapport de QUATRE PATTES et de la fondation « Change for Animals », environ un million de chats sont tués pour leur viande chaque année

Zurich, le 12 août 2020 – Alors que le commerce et la consommation de la viande de chien en Asie sont de plus en plus controversés, le commerce tout aussi brutal de la viande de chat passe pratiquement inaperçu. Mais de nouvelles recherches menées par l’organisation internationale de protection des animaux QUATRE PATTES et la fondation « Change for Animals » révèlent maintenant la véritable étendue de ce commerce : rien qu'au Vietnam, on estime qu'un million de chats – tant des animaux errants que les animaux dérobés à leur propriétaire – sont capturés chaque année, puis transportés à travers le pays pendant des jours pour être cruellement abattus. On les retrouve sur les cartes de menu sous la dénomination « Little Tiger », surtout dans le nord du Vietnam. 

Contrairement à ce qui se passe pour les chiens, la chasse, l'abattage et la consommation de chats étaient explicitement interdits au Vietnam jusqu'en janvier 2020. Cependant, cette loi a été abolie et la viande de chat est plus demandée que jamais - surtout dans le nord du pays. QUATRE PATTES et la fondation « Change for Animals » ont identifié Hanoi et la province de Thai Binh avec leurs nombreux restaurants et abattoirs comme centres névralgiques du Vietnam en ce qui concerne la viande de chat. Pour satisfaire la demande croissante, les chats errants et les chats domestiques qui ont la possibilité de sortir sont capturés et vendus vivants aux grossistes ou directement aux restaurateurs. Selon des recherches, il n'existe pas de fermes au Vietnam où les chats sont élevés spécifiquement pour le commerce de leur viande.

« Chez les grossistes, nous avons découvert de nombreux chats portant des colliers – un indice clair qu'il s'agissait d'animaux de compagnie. Au cours de nos enquêtes, nous avons également rencontré de nombreux propriétaires d'animaux de compagnie qui cherchaient désespérément leurs chats volés. Les autorités s’en soucient peu. Elles sont d’ailleurs elles-mêmes souvent impliquées dans le commerce de la viande de chat, encaissent des pots-de-vin ou sont tout simplement des consommateurs. »

Dr Katherine Polak, vétérinaire et responsable du programme « Aide aux Animaux Errants » de QUATRE PATTES en Asie du Sud-Est.

Capture, transport et abattage : de la cruauté envers les animaux à tous niveaux
Certains restaurateurs achètent les animaux directement aux voleurs de chats et les abattent sur place, mais la plupart d'entre eux travaillent avec des grossistes et des abattoirs. Selon QUATRE PATTES et la fondation « Change for Animals », Da Nang et Hoi An, deux villes côtières du centre du Vietnam – appréciées par les touristes nationaux et internationaux – sont considérées comme plaques tournantes de l'approvisionnement et de la livraison des chats. « Dans les centres de distribution, les grossistes gardent les chats volés entassés dans de petites cages pendant des jours jusqu'à ce qu'ils aient rassemblé suffisamment d'animaux pour rentabiliser le transport. Les chats sont alors transportés sans eau ni nourriture et en manque d’air frais sur des centaines de kilomètres vers les abattoirs disséminés dans tout le Vietnam. Certains grossistes utilisent même les soutes à bagages des bus de passagers à cette fin », rapporte Lola Webber, co-fondatrice de la fondation « Change for Animals ». Dans les abattoirs, les chats sont généralement noyés - s'ils ne sont pas déjà morts d'épuisement, à la suite d’une insolation ou des blessures causées par la capture brutale. Les deux organisations de protection des animaux ont également documenté que les chats sont parfois battus à mort à l’aide d’un marteau, bouillis vivants ou électrocutés. Ensuite, les animaux sont dépiautés et la peau est brûlée. Ce n'est qu'alors que les chats sont dépecés et congelés en cas de transport ultérieur. 

Les chats noirs : une viande de premier choix
Le commerce de la viande de chat est une activité lucrative. Un chat vivant est vendu environ 6,50 USD (CHF 5,95) le kilo, un kilo de viande crue 8,50 USD (CHF 7,80). Un plat préparé avec de la viande de chat est proposé dans les restaurants pour environ 6,50 USD (CHF 5,95). Selon les recherches actuelles de QUATRE PATTES et de la fondation « Change for Animals », les chats noirs ont encore plus de valeur. Les commerçants les vendent vivants à 8,50 USD (CHF 7,80) le kilo, leur viande crue rapporte jusqu'à 21,50 USD (CHF 19,70) le kilo. Les plus jeunes considèrent la viande de chat comme une délicatesse exotique. Pour les personnes âgées, la consommation est généralement liée aux coutumes, aux superstitions et au calendrier lunaire. Certains habitants sont convaincus que manger de la viande de chat éloigne la malchance et le mauvais sort. D'autres mangent cette viande - en particulier celle des chats noirs - parce qu'ils pensent qu'elle a des effets thérapeutiques, bien qu'il n'y ait aucune preuve scientifique à ce sujet.

Un risque pour la sécurité et la santé publique
Ces dernières années, les chats sont devenus des animaux de compagnie populaires au Vietnam - malgré la demande croissante de viande de chat. La demande ne peut plus être satisfaite par les seuls chats errants. Les voleurs de chats n'ont donc aucun scrupule à capturer des animaux de compagnie. Des affrontements violents entre des voleurs de chats et des propriétaires d'animaux se sont produits à maintes reprises. Selon QUATRE PATTES et la fondation « Change for Animals », le commerce de la viande de chat est également lié à des épidémies de rage et au développement de zoonoses, telles le COVID-19. Sans aucun contrôle, les animaux – sains ou malades – sont transportés à travers le pays. Les conditions peu hygiéniques dans les centres de distribution et les abattoirs, qui abritent souvent une grande variété d'espèces animales, ont favorisé le développement de virus dangereux. 

La lutte de QUATRE PATTES contre le commerce de la viande de chien et de chat 
Au Vietnam, QUATRE PATTES travaille en étroite collaboration avec la fondation « Change for Animals » ainsi qu'avec les organisations locales de protection des animaux « Paws for Compassion » à Da Nang et « Vietnam Cat Welfare » à Hoi An. Afin de mettre durablement un terme au trafic cruel de la viande de chien et de chat en Asie du Sud-Est, QUATRE PATTES a lancé une campagne tant au niveau international que national. « Grâce à un travail de sensibilisation et d’information, à la coopération avec les autorités responsables et les associations touristiques, les gouvernements doivent être incités à adopter des lois strictes de bien-être animal interdisant la capture, l'abattage et la consommation de chiens et de chats. Cela permettra de protéger non seulement les animaux mais également les êtres humains », explique le Dr Karanvir Kukreja, vétérinaire et chef de projet de la campagne de QUATRE PATTES. En outre, QUATRE PATTES soutient les organisations et les communautés locales de protection des animaux avec des programmes humains et durables pour la gestion de la population des chiens et des chats. QUATRE PATTES est également partenaire des coalitions pour le bien-être animal DMFI (Dog Meat Free Indonesia) et l’ACPA (Asia Canine Protection Alliance), qui s’engagent contre ce commerce en Asie du Sud-Est.

QUATRE PATTES a également lancé une pétition contre le commerce de la viande de chien et de chat, qui a déjà été signée par plus de 840’000 sympathisants dans le monde entier : https://help.four-paws.org/fr-CH/stoppons-le-commerce-de-viande-de-chat-et-de-chien-en-asie-du-sud-est

Au sujet de QUATRE PATTES
QUATRE PATTES est une organisation internationale de protection des animaux vivant sous influence humaine, qui révèle les souffrances, sauve les animaux dans le besoin et les protège. QUATRE PATTES fête cette année ses 20 ans en Suisse. Fondée par Heli Dungler à Vienne en 1988, l'organisation se concentre sur les chiens et les chats errants ainsi que sur les animaux de compagnie, les animaux de rente et les animaux sauvages vivant dans de mauvaises conditions de détention ainsi que dans les zones de catastrophe et de conflit. Avec des campagnes et des projets durables, QUATRE PATTES apporte une aide rapide et une protection à long terme aux animaux en détresse. La Fondation est en outre un partenaire d'Arosa Terre des Ours, le premier refuge en Suisse qui offre aux ours sauvés de mauvaises conditions de détention un environnement adapté à l’espèce. www.quatre-pattes.ch