Deux veaux dans un pré

Excédent de lait en Suisse: l’élevage des veaux sous la mère comme solution

L’élevage des veaux sous la mère améliore le bien-être animal et désengorge le marché

Zurich, le 17 février 2026 – Actuellement, la Suisse produit beaucoup plus de lait que le marché ne peut en absorber. En 2025, des centaines de milliers de litres de lait ont ainsi été jetés ou exportés à des prix dérisoires, financés par des millions de francs de fonds publics. De même, les veaux sont habituellement séparés de leur mère dès la naissance pour obtenir plus de lait destiné à la consommation humaine. Pour le centre de compétence MuKa, l’association Cowpassion, la Fondation pour l’animal en droit (Tier im Recht, TIR) et QUATRE PATTES, il est évident que ce système n’est ni respectueux des animaux ni judicieux sur le plan économique. L’élevage des veaux sous la mère (Mutter-Kalb-Haltung, MuKa) est une solution concrète et respectueuse des animaux pour soulager le marché du lait tout en améliorant le bien-être animal.

Dans la production laitière, les veaux sont généralement séparés de leur mère dans les 24 heures suivant leur naissance, afin que le plus de lait possible puisse être utilisé pour la consommation humaine. Une partie de ce lait est pourtant éliminée. Comme l’a révélé le magazine des consommateurs KTipp, rien que pendant les fêtes, quelque 300 tonnes de lait écrémé ont fini dans des installations de biogaz, et d’autres produits laitiers ont même été incinérés. Dans le même temps, les excédents de lait sont écoulés sur le marché mondial à des prix dérisoires sous forme de beurre, de crème ou de fromage bon marché.

«Jeter du lait alors que les veaux perdent leur lait maternel – et leur mère – est une contradiction intolérable. Le lait de vache est du lait maternel. Et il appartient en premier lieu au veau.»

Julia Fischer, chargée de campagne pour les animaux de rente chez QUATRE PATTES Suisse

Surproduction et incitations inappropriées au détriment des animaux, de l’environnement et des contribuables
Le surplus de lait est un problème créé par le système lui-même. Les vaches à haut rendement, le fourrage concentré et l’achat garanti de tout le lait produit créent des incitations néfastes qui mènent à la surproduction. Cela entraîne un excès d’azote qui pollue les sols et les eaux, tandis que les animaux souffrent de la pression liée à la production et de la séparation entre la mère et le veau. En outre, chaque année, des subventions de plusieurs millions de francs sont versées uniquement pour soutenir les exportations de fromage. Parallèlement, de nombreuses exploitations laitières subissent une pression économique énorme, aggravée par la chute marquée des prix indicatifs.

Moins de volume, plus de qualité: l’élevage des veaux sous la mère, une mesure saine pour le marché, les animaux et les exploitations
L’élevage des veaux sous la mère permet de rétablir l’équilibre du système. Les veaux tètent leur mère, ce qui permet d’utiliser une partie du lait de manière naturelle et judicieuse, plutôt que de le commercialiser. D’ailleurs, la recherche et la pratique montrent que les veaux qui restent plusieurs mois avec leur mère sont en bien meilleure santé et nécessitent moins d’antibiotiques. Une motion visant à promouvoir l’élevage des vaches allaitantes a été déposée par la conseillère nationale Meret Schneider (Les Verts, ZH).

«L’élevage des veaux sous la mère n’est pas une illusion romantique, mais une approche réaliste pour assainir le marché laitier: moins de volume, mais une meilleure qualité, un bien-être animal renforcé et davantage de stabilité pour les exploitations.»

Cornelia Buchli, vétérinaire et responsable du centre de compétence MuKa

Supprimer les fausses incitations, promouvoir le bien-être animal
Les responsables politiques doivent corriger les incitations inappropriées et orienter les subventions de façon ciblée vers des systèmes de production respectueux des animaux et permettant de soulager le marché. Cela implique de promouvoir l’élevage des veaux sous la mère, de supprimer les obstacles juridiques et pratiques et d’améliorer l’accès au marché pour les exploitations concernées. Un point central est la protection du terme «élevage des veaux sous la mère». Actuellement, il n’existe aucune définition juridique de ce terme, ce qui explique pourquoi il est parfois utilisé pour désigner des formes de production dans lesquelles les veaux ne sont élevés que pendant une très courte période ou avec un contact très limité avec leur mère, comme le montre une expertise juridique réalisée par la Fondation Tier im Recht (TIR) en collaboration avec l’association Cowpassion, le centre de compétence MuKa et QUATRE PATTES.

«Les agriculteurs et agricultrices qui fournissent de véritables prestations en matière de bien-être animal doivent pouvoir compter sur le fait que celles-ci puissent être attestées de manière honnête. Sans critères minimaux contraignants, le terme MuKa n’a que peu de sens. Et ce au détriment des animaux, des producteurs et de la crédibilité de l’ensemble du système.»

Sibel Konyo, collaboratrice juridique à la Fondation Tier im Recht (TIR)

L’élevage des veaux sous la mère, une opportunité dans la crise actuelle
Alors que le lait est jeté et que les producteurs et productrices subissent une pression massive sur les prix, l’agriculture, la politique et l’industrie devraient sérieusement envisager l’élevage des veaux sous la mère comme solution alternative. Cette pratique est bénéfique pour les veaux, désengorge le marché laitier et offre aux exploitations une perspective plus durable. Les milieux politiques, l’industrie et le commerce de détail sont appelés à promouvoir des modes de production respectueux des animaux, à créer des conditions-cadres claires et à offrir aux consommateurs et consommatrices une véritable liberté de choix grâce à un étiquetage transparent.

Contexte: que signifie MuKa?
L’élevage des veaux sous la mère (Mutter-Kalb-Haltung, MuKa) est un mode d’élevage dans la production laitière qui consiste à laisser les veaux auprès de leur mère pendant plusieurs mois afin qu’ils puissent téter directement au pis. La vache est toujours encore traite, mais une partie du lait est réservée au veau. Cette méthode permet d’établir une relation naturelle entre la mère et le petit, renforce la santé des animaux et réduit le recours aux antibiotiques. La quantité de lait vendue est moins élevée, ce qui, avec une tarification équitable, profite à la fois au marché laitier et aux exploitations.

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