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Rapport d’enquÊte : ce qui se passe VRAIMENT dans les abaTtoirs pour chiens au cambodge

6.11.2019

Une histoire digne de films d’horreur

C’est une odeur dont il est difficile de se débarrasser, un mélange de matières fécales, de décomposition et de mort. J’ai lavé mes vêtements et je me suis douché à plusieurs reprises, mais l’odeur ne semblait pas vouloir disparaître – tout du moins dans mon esprit. Ceci vient s’ajouter aux cinq jours terribles passés à mener une enquête sur le trafic de viande de chien au Cambodge. Une expérience pour tous les sens, mais pas vraiment dans le sens positif du terme. Dans ma tête se bousculent des images d’indénombrables chiens rongés par la peur, attendant dans une cage rouillée leur cruelle exécution. En moins d’une semaine, nous avons assisté à la panoplie des méthodes d’abattage : la noyade, l’étouffement, la pendaison et les chiens battus à mort.

Premier arrêt

Nous nous arrêtons en premier lieu, tôt le matin, chez un boucher près de Siem Reap. Lors de notre arrivée, nous voyons un homme frapper deux chiens sur la tête avant de leur glisser une corde autour du cou et de les pendre à un arbre. Il leur aura fallu une demi-heure pour finalement suffoquer après s’être urinés dessus et s’être longuement débattus. Sous l’arbre se trouve une cage dans laquelle gît un chien recroquevillé dans un coin. Il est clair qu’assister à la mort atroce des autres laisse des traces. Le boucher détache ensuite les chiens morts de l’arbre et les place sur la cage, où le chien à l’intérieur tressaillit. Une première approche, rude, mais réelle de ce qui nous attend les prochains jours.

Entre choc et réalité

Lors de notre périple entre Siem Reap et la capitale Cambodgienne, Phnom Penh, nous assistons à plus de souffrance qu’il n’est possible de supporter. La tournée des atrocités. Une fois à l’intérieur des abattoirs, nous ne savons pas ce qui nous attend. On voit des chiens vivants gémir, entassés dans de petites cages crasseuses. Certains sont encore des chiots. Nous voyons aussi des chiens morts être minutieusement lavés, rasés, éviscérés et coupés en morceaux. Nous entendons les chiens pousser des hurlements alors que leur cage est lentement plongée dans un grand bassin rempli d’eau. Nous voyons des chiens dont les fourrures ont été enlevées être rôtis à feu ouvert. Il y a des sacs remplis à ras bord de fourrure. Nous voyons également des motos transportant des cages de chiens vivants et bien souvent blessés. Durant la journée, nous sommes comme paralysés, en état de choc car tout ceci ne semble pas réel. C’est le soir que les images nous reviennent en mémoire, rendant l’endormissement difficile. Et cette odeur ne nous quitte pas.

Une petite consolation

Après deux jours relativement pénibles, nous ne pouvons plus nous contenter de n’être que de simples observateurs silencieux. Nous voulons agir même si nous savons que secourir les chiens individuellement n’est pas une solution sur le long terme. Dans un restaurant servant de la viande de chien, nous découvrons un chien enchaîné à un arbre. Il gît tremblant dans ses excréments et dans la saleté, ses oreilles sont couvertes de tiques et il n'ose pas nous regarder. On nous informe qu’il sera pendu le lendemain. Son propriétaire s’en est débarrassé car il faisait des bêtises, il courrait après les poules. Après de longues négociations, le propriétaire du restaurant nous remet le chien. En retour, nous lui promettons d’acheter des boissons dans son petit magasin. Une fois le chien dans notre voiture, celui-ci semble soulagé. Il remue la queue gentiment, comme si, d’une certaine façon, il savait que nous n’allions pas lui faire du mal. Nous le nommons Quentin et le conduisons chez notre partenaire local « Animal Rescue Cambodia ». Le lendemain, nous trouvons trois chiots dans un abattoir qui ressemble à la chambre des horreurs : la pénombre, les hurlements des animaux et une odeur nauséabonde. Au-dessus du réservoir d’eau où doivent être noyés les chiots ultérieurement, un singe est enchaîné. Chaque jour, il assiste à la mise à mort d’une cinquantaine de chiens qui hurlent et se battent jusqu’à leur dernier souffle. Nous pensons qu'il a été entraîné à repêcher les chiens morts hors du réservoir. Le propriétaire de l’abattoir nous informe qu’il a des cartes de visite. Voici ce qu’il propose : récupérer les chiens qui se comportent mal ou qui sont des fardeaux pour leurs propriétaires. Il nous laisse les trois chiots que nous appelons Bene, Bates et Nickie. Nous les amenons à notre voiture de façon à quitter les lieux rapidement. Alors que nous sortons de l'allée, une moto avec des cages de chiens se dirige vers nous. De nouvelles livraisons.

Poussés par la pauvreté

Il est certain que je suis en colère, mais contre qui ? La plupart des gens impliqués dans le trafic de viande de chien nous ont parlé de leur vie quotidienne et ils n’en sont pas fiers. Au contraire, ils nous ont raconté leur histoire avec honte. Ils voudraient faire autre chose : cultiver du riz, vendre des légumes, ouvrir un petit magasin en bord de route, mais leurs ressources financières ne sont pas suffisantes. Il n’est pas difficile de percevoir la pauvreté qui règne au Cambodge et même si la plupart des gens ne deviennent pas riches grâce au trafic de viande de chien, ils réussissent à survivre. Toutefois, au Cambodge, le trafic n’est pas accepté par tout le monde et les voleurs de chiens, les bouchers et les propriétaires de restaurants sont méprisés.

Comment agir ?

Le Cambodge est juste un exemple. Ce trafic cruel de viande de chien et de chat est tout aussi répandu au Vietnam et en Indonésie. QUATRE PATTES veut sensibiliser le monde occidental à cette problématique. Seuls les touristes avertis peuvent prendre des décisions éthiques. Nous ne souhaitons pas que ces pays soient boycottés, nous demandons juste aux touristes d’être plus attentifs. Manger un morceau de viande de chien ou de chat ne doit pas faire partie de la liste des expériences culturelles à essayer. À travers l’Asie du Sud-Est, QUATRE PATTES veut aider les gens à se sortir de ce trafic et souhaite les informer sur la gestion responsable des animaux de compagnie et des animaux errants, tout en plaidant en faveur de lois plus strictes en matière de protection des animaux et de leur mise en application. Nous sommes conscients que la route est encore longue, et malheureusement, pendant ce temps, beaucoup d’autres chiens et chats perdent la vie. Mais nous ne baisserons pas les bras et nous continuerons notre combat pour l’interdiction du commerce de viande de chien et de chat en Asie du Sud-Est d’ici à 2030. Nous continuerons au nom de Quentin, Bene, Bates, Nickie et pour tous les autres animaux sans noms qui furent, sont et seront victimes de ce terrible trafic.

mettons fin à ce cruel commerce

En signant notre pétition, vous donnez votre voix aux animaux victimes et demandez à ce que cela cesse une fois pour toute
 

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Martin Bauer

Responsable des relations publiques internationales chez QUATRE PATTES 

Martin travaille au siège principal de QUATRE PATTES à Vienne et est responsable de toutes les activités de relations publiques internationales. 

En tant que membre de l'équipe qui oeuvre à mettre fin au commerce de la viande de chien et de chat en Asie du Sud-Est, il communique les enjeux clés à un vaste public international par le biais de relations avec les médias et de l'engagement de célébrités.