Recherche

Faire un donParrainage
Les porcs ont des besoins fondamentaux à respecter

Les besoins des porcs domestiques

Le biologiste Christian M. Hammer nous révèle ce dont les porcs ont véritablement besoin

Cela fait probablement des millénaires que nous élevons des porcs domestiques. Les 150 races de porc domestique existant actuellement en Europe descendent principalement du croisement du sanglier européen et du sanglier d'Asie, qui a été amené sur notre continent par des marins britanniques au 18e siècle. Pendant des siècles, les porcs étaient élevés en troupeau : ils se rendaient dans les pâturages, dans les bois ou dans la rue pendant la journée, puis retournaient à la porcherie pour y passer la nuit. Ce n'est qu'après la seconde guerre mondiale que l'élevage intensif de porcs a fait son apparition.

L'espérance de vie des porcs est d'environ douze ans. Cependant, les porcs d'engraissement de 100 kg sont abattus dès l'âge de six mois (l'âge de la maturité sexuelle) et les truies reproductrices, dès qu'elles sont en mesure de se reproduire, c'est-à-dire au bout de quelques années.

Les besoins fondamentaux du porc

Cochons dans un élevage en liberté

Des cochons élevés à l'air libre

La vie sociale des porcs suit une hiérarchie sociale stricte, doublée d'une routine quotidienne bien arrêtée. Les porcs à l'état sauvage vivent en groupes de 20 à 30 animaux, composés des truies et de leurs progénitures. Les mâles quittent leur troupeau d'origine dès l'âge de la maturité sexuelle afin d'évoluer dans des groupes séparés, puis de mener une existence solitaire. Ils reviennent vers leur troupeau d'origine uniquement pendant la période de rut.

Cliquez ici pour découvrir à quoi la journée d'un porc vivant «au naturel» ressemble.

Les besoins de contact et de distance vis-à-vis de leurs congénères

Outre les sangliers déjà arrivés à un âge avancé, les porcs sont des mammifères très sociables et ressentent le besoin d'être en contact avec leurs congénères. Les élevages de porcs ont pour coutume de séparer les groupes établis, notamment les porcelets de leur mère. Cette pratique courante représente une source de stress pour les animaux.

Les porcs mènent la plupart de leurs activités en compagnie de membres ou de proches de leur troupeau. Leur vie sociale repose sur une hiérarchie prévoyant l'évitement, ou tout du moins le maintien d'une distance minimale vis-à-vis de leurs congénères dans certaines situations. Par exemple, le non-respect de cette distance peut entraîner des affrontements agressifs au moment du repas. De tels conflits sont très fréquents dans le cadre de l'élevage intensif, entraînant stress et blessures, étant donné que les animaux ne peuvent pas s'éviter. Cet entassement empêche les porcs de vivre en paix : les ajouts et les départs incessants entraînent continuellement de nouveaux combats au sein du troupeau.

Les besoins des porcs en matière d'hygiène et de soins

L'image représentant les porcs se vautrant dans leurs excréments ne correspond en aucun cas à leur comportement naturel. Au contraire, les porcs forcés de vivre dans leurs excréments dans le cadre de l'élevage intensif souffrent énormément.

Étant donné que les porcs ne peuvent pas transpirer, ils régulent la température de leur corps en se baignant, en se roulant sur de la terre froide ou en se vautrant dans l'eau, chose qu'il ne peuvent pas faire au sein d'un élevage intensif. Par conséquent, ils tentent de se rafraîchir en s'éclaboussant avec l'eau qu'on leur donne à boire ou en se vautrant dans leurs excréments et leur urine.

Les conditions de détention des porcs présentent de graves dangers pour leur santé : ils sont exposés à une température excessive et à une teneur plus élevée en ammoniac du fait de la présence de fumier. D'ailleurs, les cas de troubles cardiovasculaires et de maladies respiratoires, notamment de pneumonie, sont courants.

D'un naturel peu flexible, les porcs doivent pouvoir disposer d'installations de récurage adéquates afin d'éliminer la boue, les matières fécales et les parasites qui se trouvent sur leur peau. Étant donné que les élevages intensifs en sont généralement dépourvus ou possède des équipements inadaptés, les porcs souffrent de démangeaisons en permanence. D'autre part, ils ne sont pas en mesure de satisfaire leurs besoins naturels. Frustrés, ils sont bien souvent plus agressifs vis-à-vis de leurs compagnons de stalle.

Les cochons ont besoin de contact avec leurs congénères

Les cochons ont besoin de contact avec leurs congénères

Les indicateurs de bien-être

Pour déterminer si un mode d'élevage spécifique satisfait les besoins fondamentaux des animaux, les experts se penchent sur la présence ou sur l'absence de comportements spécifiques. Par exemple, on peut déduire qu'un animal au comportement joueur évolue au sein d'un environnement qui lui est bénéfique. D'ailleurs, les porcelets sont très joueurs lorsqu'ils peuvent bouger librement, comme s'ils étaient dans la nature. Malheureusement, les conditions de détention de l'élevage intensif n'offrent ni l'espace ni les activités nécessaires aux porcelets pour s'occuper.   

Il convient également de tenir compte d'un indicateur encore plus important : le comportement de confort. Cet indicateur concerne les soins prodigués à l'animal selon des critères tels que le degré de confort et de détente de l'animal (à travers les bâillements ou les étirements), son humeur et sa sociabilité. Il faut néanmoins faire attention : les bâillements, les étirements ou le grattage des porcs sont parfois dus à des conflits ou à des difficultés. Il est donc essentiel de replacer le comportement de l'animal dans son contexte. Les comportements stéréotypés, apathiques ou trop agressifs, l'automutilation, voire le cannibalisme indiquent que l'animal ne bénéficie pas de bonnes conditions de détention.

Les porcs de l'élevage intensif adoptent souvent des comportements stéréotypés tels que le mâchonnement des barreaux. Ils peuvent également effectuer des mouvements de mastication à vide ou retourner le sol sans raisons, comme s'ils cherchaient de la nourriture. Le stress constant auquel ils sont exposés et le manque de temps passé seuls les portent souvent à un excès d'apathie ou d'agressivité.